Le principe du prélèvement à la source
Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé à la source : il est retenu chaque mois sur le salaire ou la pension par le collecteur (employeur, caisse de retraite), ou versé sous forme d'acompte pour les revenus sans collecteur (indépendants, revenus fonciers).
Le taux de prélèvement est calculé par l'administration à partir de votre dernière déclaration, puis actualisé chaque année en septembre. Le prélèvement n'est qu'une avance : la régularisation a lieu l'été suivant la déclaration de revenus.
Les trois types de taux
Trois taux sont possibles :
- Taux personnalisé : calculé sur l'ensemble des revenus du foyer, c'est le taux par défaut. - Taux individualisé : chaque conjoint se voit appliquer un taux correspondant à ses propres revenus, utile en cas d'écart de revenus dans le couple. - Taux neutre (non personnalisé) : calculé uniquement sur le salaire selon une grille légale, sans tenir compte de la situation familiale. Utile si vous ne souhaitez pas communiquer votre taux réel à l'employeur ; un complément peut alors être à verser.
Nouveauté : le taux individualisé par défaut pour les couples
Changement majeur : depuis le 1er septembre 2025, le taux individualisé s'applique automatiquement, par défaut, aux couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune. Chaque membre du couple se voit donc appliquer son propre taux, actualisé chaque année en septembre.
Les couples qui préfèrent un taux unique (taux personnalisé du foyer) peuvent toujours en faire la demande dans leur espace impots.gouv.fr. Cette évolution répond à un objectif d'équité, en évitant qu'un conjoint aux revenus plus faibles supporte un taux tiré vers le haut par l'autre.
Moduler son taux et gérer les acomptes
En cas de variation de revenus ou de situation (mariage, naissance, baisse d'activité), vous pouvez moduler votre taux en cours d'année depuis votre espace personnel. La modulation à la baisse n'est admise que si elle réduit le prélèvement de plus de 5 % par rapport au taux en vigueur.
Les indépendants et les titulaires de revenus fonciers paient leur impôt sous forme d'acomptes mensuels ou trimestriels, prélevés automatiquement. Ces acomptes sont eux aussi actualisés chaque septembre et peuvent être modulés.
Les trois taux possibles, et lequel choisir
Le prélèvement à la source repose sur un taux, et vous en avez trois à disposition — le choix n'est pas neutre.
Le taux personnalisé est celui calculé par l'administration à partir de votre dernière déclaration. Il est transmis directement à votre employeur ou à votre caisse de retraite. C'est le taux par défaut, et il reflète l'ensemble des revenus du foyer.
Le taux individualisé s'adresse aux couples dont les revenus sont déséquilibrés : chacun se voit appliquer un taux correspondant à ses propres revenus, ce qui évite que celui qui gagne le moins supporte un taux calculé sur le revenu du foyer. Le montant total prélevé pour le foyer reste identique — c'est une répartition, pas une réduction. Depuis septembre 2025, c'est ce taux qui s'applique par défaut aux couples, sauf choix contraire.
Le taux neutre, ou taux non personnalisé, est celui d'un célibataire sans enfant appliqué à votre seul salaire. On le choisit pour ne pas communiquer à son employeur un taux qui révélerait d'autres revenus du foyer. La contrepartie : si le taux neutre est inférieur à votre taux réel, vous devez verser la différence directement à l'administration.
Ce que le prélèvement à la source ne couvre pas
Le mécanisme donne l'impression que l'impôt est réglé au fil de l'eau. C'est vrai pour une partie des revenus seulement, et l'écart se règle au moment du solde.
Sont prélevés à la source par un tiers : salaires, pensions, allocations de remplacement. Le collecteur applique le taux transmis et reverse.
Font l'objet d'acomptes prélevés directement sur votre compte bancaire : les revenus des indépendants, les revenus fonciers, les pensions alimentaires reçues, les revenus de source étrangère imposables en France. Ces acomptes sont mensuels ou trimestriels sur option.
Échappent au dispositif : les plus-values, les revenus de capitaux mobiliers soumis au prélèvement forfaitaire — qui suivent leur propre mécanisme de prélèvement — et l'essentiel des réductions et crédits d'impôt, qui ne se régularisent qu'au solde.
C'est ce dernier point qui explique les soldes et remboursements de l'été : le prélèvement à la source ignore vos crédits d'impôt en cours d'année, à l'exception de l'avance de 60 % versée en janvier pour certains dispositifs récurrents.
Moduler son taux : quand et à quel risque
Le taux peut être modulé à la hausse comme à la baisse en cours d'année, depuis votre espace particulier, ce qui est le principal levier de trésorerie du dispositif.
La modulation à la hausse est libre et sans risque : elle sert à lisser un solde attendu plutôt qu'à le subir en une fois.
La modulation à la baisse est encadrée. Elle suppose un écart significatif entre le prélèvement calculé sur votre situation prévisionnelle et celui résultant du taux en vigueur. Une baisse excessive, si elle conduit à un prélèvement nettement inférieur à ce qui était dû, expose à une majoration.
Les événements qui justifient une actualisation sont concrets : perte d'emploi, passage à temps partiel, départ en retraite, naissance, mariage ou PACS, divorce, décès. Les changements de situation de famille doivent d'ailleurs être déclarés dans les soixante jours, et cette déclaration met le taux à jour automatiquement.
Le réflexe utile : ne pas attendre la déclaration de l'année suivante pour signaler une baisse durable de revenu — le taux reste sinon calé sur une année révolue.
Le calendrier d'une année de prélèvement
Comprendre l'enchaînement évite la plupart des surprises.
De janvier à août, le taux appliqué est celui issu de la déclaration déposée au printemps de l'année précédente. En janvier, l'avance de 60 % sur certains crédits et réductions d'impôt récurrents est versée.
Au printemps, la déclaration des revenus de l'année précédente est déposée. Elle recalcule l'impôt réellement dû et détermine un nouveau taux.
À l'été, l'avis d'imposition établit le solde : soit un complément à payer, prélevé en une fois ou étalé sur les derniers mois de l'année selon son montant, soit un remboursement si le prélèvement a excédé l'impôt dû — situation fréquente lorsque des crédits d'impôt importants n'ont pas été anticipés.
En septembre, le nouveau taux issu de la déclaration entre en vigueur et s'applique jusqu'en août suivant.
Un contribuable dont les revenus sont stables voit donc son taux changer une fois par an, en septembre.