Le barème 2026 par tranche
Le barème de l'impôt sur le revenu 2026 (article 197 du CGI), applicable aux revenus de 2025 déclarés au printemps 2026, comporte cinq tranches d'imposition.
Les tranches sont progressives : chaque euro de revenu n'est taxé qu'au taux de sa propre tranche, pas du tout au taux de la tranche supérieure. C'est l'erreur de raisonnement la plus fréquente.
- Jusqu'à 11 600 € : 0 % - De 11 601 € à 29 579 € : 11 % - De 29 580 € à 84 577 € : 30 % - De 84 578 € à 181 917 € : 41 % - Au-dessus de 181 917 € : 45 %
Calcul pas à pas pour un célibataire à 50 000 €
Prenons un célibataire (1 part) avec un revenu net imposable de 50 000 €.
Étape 1 — Quotient familial : 50 000 € / 1 = 50 000 €.
Étape 2 — Application du barème : - Tranche 0 % : (11 600 − 0) × 0 % = 0 € - Tranche 11 % : (29 579 − 11 600) × 11 % = 1 977,69 € - Tranche 30 % : (50 000 − 29 579) × 30 % = 6 126,30 €
Total IR brut = 8 103,99 €.
Étape 3 — Multiplication par les parts : 8 103,99 € × 1 = 8 104 €.
Le taux marginal d'imposition est de 30 % ; le taux moyen est d'environ 16,2 %.
Calcul pour un couple marié avec deux enfants
Un couple avec deux enfants à charge dispose de 3 parts (2 pour les adultes + 0,5 par enfant pour les deux premiers).
Pour un revenu net imposable de 80 000 €, le quotient familial donne : 80 000 € / 3 = 26 667 €.
L'IR par part : 0 € (tranche 0 %) + (26 667 − 11 600) × 11 % = 1 657,37 €.
IR du foyer avant plafonnement : 1 657,37 € × 3 = 4 972 €.
L'avantage du quotient familial est plafonné à 1 807 € par demi-part supplémentaire (art. 197-2 CGI). Pour ce foyer, le calcul du plafonnement compare l'IR avec quotient familial complet à celui qu'on obtiendrait avec seulement 2 parts.
Décote pour les revenus modestes
Une décote s'applique aux contribuables dont l'IR brut est inférieur à un certain seuil (art. 197 I-4 CGI), pour adoucir l'entrée dans l'imposition.
Pour les revenus 2025 : décote = 897 € − (IR brut × 45,25 %) pour un célibataire, et 1 483 € − (IR brut × 45,25 %) pour un couple. Elle s'annule donc au-delà de 1 982 € d'IR brut pour une personne seule et de 3 277 € pour un couple.
La décote s'applique tant que son résultat est positif, ce qui revient à exonérer totalement les très bas revenus.
Ce que « revenu net imposable » veut dire exactement
L'erreur la plus fréquente consiste à appliquer le barème à son salaire. Le barème s'applique au revenu net imposable, qui est le résultat d'une chaîne de retraitements.
On part du salaire brut, dont on retire les cotisations sociales pour obtenir le net à payer. On rajoute ensuite la fraction de CSG et de CRDS non déductible, ce qui donne le net imposable — celui qui figure sur le récapitulatif annuel de l'employeur et qui est pré-rempli sur la déclaration.
On applique enfin l'abattement de 10 % représentatif des frais professionnels, ou les frais réels si vous les avez optés et qu'ils sont supérieurs. Le résultat, additionné aux autres revenus catégoriels du foyer et diminué des charges déductibles comme les versements sur un plan d'épargne retraite, forme le revenu net imposable.
Entre un salaire brut et le revenu auquel le barème s'applique, l'écart dépasse souvent 20 %. C'est pourquoi une estimation faite « de tête » sur le brut surestime systématiquement l'impôt.
Taux marginal et taux moyen : deux chiffres, deux usages
Ces deux notions sont constamment confondues, et la confusion coûte cher en décisions.
Le taux marginal d'imposition est le taux de la dernière tranche atteinte. Il ne dit rien de ce que vous payez, mais tout de ce que coûtera ou rapportera le prochain euro : c'est lui qui détermine l'économie d'une déduction, le coût fiscal d'une prime, ou l'intérêt d'un versement sur un plan d'épargne retraite.
Le taux moyen est l'impôt payé divisé par le revenu imposable. C'est votre pression fiscale réelle, et il est toujours nettement inférieur au taux marginal du fait de la progressivité.
Reprenons le célibataire à 50 000 € de revenu net imposable : son taux marginal est de 30 %, mais son taux moyen tourne autour de 16,2 %. Dire « je suis imposé à 30 % » est faux ; dire « mon prochain euro sera imposé à 30 % » est exact. C'est la seconde formulation qui sert à décider.
La décote, ou pourquoi l'entrée dans l'impôt est progressive
La décote atténue l'entrée dans l'imposition pour les revenus modestes, et elle explique des situations qui paraissent illogiques.
Son calcul est mécanique : la décote vaut 897 € diminués de 45,25 % de l'impôt brut pour une imposition isolée, et 1 483 € diminués de 45,25 % de l'impôt brut pour une imposition commune. Elle est appliquée automatiquement, sans démarche.
Comme elle décroît à mesure que l'impôt brut augmente, elle s'annule d'elle-même au-delà de 1 982 € d'impôt brut pour une personne seule et de 3 277 € pour un couple. Au-delà de ces montants, elle ne joue plus.
Sa conséquence pratique est un taux d'imposition effectif plus élevé que le taux du barème dans la zone où elle décroît : chaque euro supplémentaire est taxé au taux de la tranche, mais fait aussi perdre une fraction de décote. C'est la raison pour laquelle un contribuable modeste peut constater un effet de seuil que le barème seul n'explique pas.
Le plafonnement du quotient familial, avec un cas concret
Le quotient familial atténue la progressivité en divisant le revenu par le nombre de parts. L'avantage qui en résulte est plafonné à 1 807 € par demi-part supplémentaire pour les revenus 2025, afin qu'il ne bénéficie pas indéfiniment aux hauts revenus.
Le mécanisme est comparatif. L'administration calcule d'abord l'impôt avec votre nombre réel de parts, puis l'impôt que vous paieriez avec les seules parts de base — une pour une personne seule, deux pour un couple. La différence est l'avantage procuré par les demi-parts. Si cet avantage dépasse 1 807 € par demi-part, il est ramené à ce plafond.
Reprenons le couple avec deux enfants et 80 000 € de revenu net imposable. Ses trois parts donnent un quotient de 26 667 € par part, soit un impôt par part de 1 657,37 € et un impôt de 4 972 € avant plafonnement. Ses deux demi-parts d'enfants lui ouvrent un avantage maximal de 2 × 1 807 €, soit 3 614 € : si l'écart avec le calcul à deux parts dépasse cette somme, l'excédent est réintégré.
En pratique, les foyers aux revenus modestes et moyens ne sont jamais concernés : le plafonnement ne mord qu'à partir de niveaux de revenus où l'avantage théorique des demi-parts devient important.
Pourquoi le barème change chaque année
Les limites des tranches sont indexées chaque année sur l'inflation, ce qui évite qu'une hausse de revenu purement nominale ne fasse changer de tranche — un phénomène qu'on appelle le gel du barème lorsque l'indexation est suspendue.
Pour les revenus 2025 imposés en 2026, les limites ont été indexées de 0,9 %, correspondant à l'évolution de l'indice des prix à la consommation hors tabac de 2025 par rapport à 2024, par la loi de finances pour 2026.
Cette indexation ne concerne pas que les tranches : les seuils et limites qui leur sont associés suivent le même mouvement, notamment les plafonds de la décote et le plafonnement par demi-part du quotient familial. C'est pourquoi un barème repris d'une année sur l'autre sans revalorisation produit un impôt faux, même si les taux — 0, 11, 30, 41 et 45 % — n'ont pas bougé depuis des années.