À quoi sert le barème kilométrique
Lorsque vous optez pour les frais réels au lieu de l'abattement forfaitaire de 10 %, le barème kilométrique permet d'évaluer forfaitairement vos frais de déplacement domicile-travail et professionnels.
Il couvre l'ensemble des charges liées à l'usage du véhicule : carburant, entretien, réparations, assurance, dépréciation. Vous ne pouvez donc pas cumuler le barème avec la déduction de ces mêmes frais pour leur montant réel.
Le barème s'applique si vous, votre conjoint ou un membre du foyer fiscal êtes personnellement propriétaire du véhicule.
Un barème non revalorisé en 2026
Pour la déclaration 2026 (revenus 2025), le barème kilométrique n'a pas été revalorisé : il reste identique à celui de 2025 et de 2024. Sa dernière augmentation remonte à 2023 (+5,4 %).
Le barème comporte trois tranches de distance annuelle : jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, et au-delà de 20 000 km, avec des formules différentes pour chaque tranche.
Le calcul selon la puissance et la distance
Pour la tranche jusqu'à 5 000 km, le montant déductible s'obtient en multipliant la distance par un coefficient dépendant de la puissance fiscale :
- 3 CV et moins : distance × 0,529 - 4 CV : distance × 0,606 - 5 CV : distance × 0,636 - 6 CV : distance × 0,665 - 7 CV et plus : distance × 0,697
Exemple : pour 4 000 km parcourus à titre professionnel avec un véhicule de 5 CV, les frais déductibles sont de 4 000 × 0,636 = 2 544 €. Pour les distances supérieures à 5 000 km, des formules avec part fixe s'appliquent ; le simulateur officiel d'impots.gouv.fr les calcule automatiquement.
La majoration véhicules électriques
Le montant des frais calculés au barème kilométrique est majoré de 20 % pour les véhicules électriques.
Cette majoration s'applique automatiquement sur le résultat du barème et vise à encourager l'usage de véhicules propres. Elle concerne aussi le barème spécifique aux deux-roues.
Comment se compte la distance déductible
Le barème s'applique à une distance, et c'est sur elle que portent la plupart des rectifications.
Le trajet domicile-travail est retenu dans la limite de quarante kilomètres aller, soit quatre-vingts kilomètres par jour. Au-delà, la déduction n'est admise que si l'éloignement est justifié par des circonstances particulières : emploi du conjoint, état de santé, scolarité des enfants, impossibilité de se loger à proximité.
Le nombre d'allers-retours retenu est en principe d'un par jour travaillé. Un second aller-retour quotidien n'est admis que s'il est justifié, par exemple par des horaires coupés.
Les déplacements professionnels effectués dans le cadre de la mission, distincts du trajet domicile-travail, s'ajoutent intégralement.
Le compteur doit correspondre à une réalité vérifiable : un kilométrage déclaré incompatible avec le relevé du véhicule ou avec les contrôles techniques est un motif classique de rejet.
Ce que le barème couvre — et ce qu'il exclut
Le barème est forfaitaire : il couvre un ensemble de charges qu'on ne peut donc pas déduire en plus.
Sont inclus la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d'entretien, les pneumatiques, le carburant et les primes d'assurance. Vouloir ajouter une facture de garage ou d'assurance à un calcul au barème revient à déduire deux fois.
Restent déductibles en sus, sur justificatifs, les frais de péage, de stationnement et les intérêts d'emprunt contractés pour l'acquisition du véhicule, au prorata de l'usage professionnel.
Le barème suppose que le contribuable soit propriétaire du véhicule ou le détienne en location longue durée : il ne s'applique pas au véhicule mis à disposition par l'employeur.
En cas de copropriété du véhicule au sein du foyer, la puissance retenue et le kilométrage doivent être cohérents avec l'usage réel de chacun.
Deux-roues, véhicules électriques et cas particuliers
Le barème kilométrique ne se limite pas aux voitures, et les variantes sont mal connues.
Des barèmes spécifiques existent pour les cyclomoteurs de moins de cinquante centimètres cubes et pour les motocyclettes, avec leurs propres tranches de distance et de puissance.
La majoration de 20 % applicable aux véhicules électriques s'applique aussi bien aux voitures qu'aux deux-roues électriques. Elle se calcule sur le montant obtenu par application du barème thermique correspondant.
Les personnes en situation de handicap disposant d'un véhicule aménagé bénéficient de règles propres, la puissance retenue pouvant être portée au maximum du barème quelle que soit la puissance réelle.
Enfin, le contribuable conserve toujours la faculté de déduire ses frais réels effectifs sur justificatifs plutôt que d'appliquer le barème, l'option se faisant véhicule par véhicule et pour l'année entière.
Le barème des frais de carburant, à ne pas confondre
Il existe un second barème, distinct du barème kilométrique, et la confusion entre les deux conduit à des déductions erronées.
Le barème kilométrique couvre l'ensemble des frais du véhicule et s'adresse principalement aux salariés optant pour les frais réels et aux titulaires de bénéfices non commerciaux.
Le barème des frais de carburant, lui, ne couvre que le carburant, à l'exclusion de tout autre poste. Il s'adresse aux exploitants tenant une comptabilité — bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices agricoles — qui déduisent par ailleurs leurs autres charges de véhicule pour leur montant réel : amortissement, assurance, entretien.
Utiliser le barème carburant tout en déduisant aussi l'amortissement et l'assurance est correct pour un exploitant. Faire de même avec le barème kilométrique constitue une double déduction.
Le barème carburant distingue par ailleurs les véhicules selon leur motorisation — essence, diesel, GPL — et s'applique aussi aux deux-roues, avec des montants au kilomètre nettement inférieurs à ceux du barème kilométrique, puisqu'il ne couvre qu'un seul poste de charge.
En cas de doute sur le barème applicable à votre situation, c'est la nature de vos revenus professionnels qui tranche, pas le type de véhicule.