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Dividendes ou salaire en SASU : comment arbitrer en 2026

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Le salaire du président de SASU

Le président de SASU est assimilé salarié : sa rémunération supporte les cotisations sociales du régime général (hors assurance chômage). Le coût social total est élevé — de l'ordre de 75 à 82 % du salaire net selon les niveaux de rémunération.

En contrepartie, le salaire ouvre une protection sociale complète (maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance) et valide des trimestres de retraite. Il est par ailleurs déductible du résultat de la société, ce qui réduit l'assiette de l'impôt sur les sociétés.

Il n'y a pas de cotisation minimale obligatoire : un président peut ne percevoir aucun salaire, mais il ne valide alors aucun droit.

Les dividendes en SASU

Les dividendes sont distribués après clôture de l'exercice, sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Ils ne sont pas déductibles du résultat.

Chez le président personne physique, ils sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % depuis la LFSS 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). Une option globale pour le barème progressif, avec abattement de 40 %, reste possible si elle est plus favorable.

Point clé : à la différence de l'EURL ou de la SARL (gérant majoritaire), les dividendes versés au président de SASU ne supportent aucune cotisation sociale, quel que soit leur montant par rapport au capital. C'est l'un des grands atouts de la SASU — mais ces dividendes n'ouvrent aucun droit social ni retraite.

L'impôt sur les sociétés en amont

Avant toute distribution de dividendes, la société paie l'impôt sur les sociétés sur son bénéfice : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % au-delà.

Le dividende subit donc une double couche d'imposition : d'abord l'IS au niveau de la société, puis le PFU au niveau du dirigeant. À l'inverse, le salaire est déductible et n'est imposé qu'une fois (cotisations + IR), mais les cotisations sont nettement plus lourdes que le PFU.

La stratégie mixte et un exemple chiffré

La pratique courante consiste à se verser un salaire de base — au moins équivalent au SMIC pour valider quatre trimestres de retraite et conserver une couverture sociale — puis à compléter par des dividendes selon les résultats.

Exemple directionnel pour 80 000 € de bénéfice avant rémunération : un montage combinant environ 20 000 € de salaire (qui génère des charges mais ouvre des droits) et le solde en dividendes (après IS, puis PFU) laisse souvent au dirigeant un net supérieur à un versement intégral en salaire, tout en préservant un minimum de protection sociale. Le point d'équilibre exact dépend de votre TMI, de vos besoins de couverture et de votre horizon retraite : c'est précisément le type d'arbitrage que l'agent Fiskalia peut chiffrer sur votre situation.

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